Gambit Blackmar-Diemer

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Le gambit Blackmar-Diemer débute par les coups 1. d4 d5 2. e4 dxe4 3. Cc3 (au coup suivant, les blancs ont l'intention de jouer f3).

Ce gambit est considéré comme une ouverture agressive, dont l'à-propos reste sujet à nombre de débats. Il trouve ses origines dans le Gambit Blackmar, qui tient son nom d'Armand Edward Blackmar, un joueur relativement peu connu de la Nouvelle Orléans de la fin du XIX° siècle, qui popularisa les coups qui le caractérisent (1.d4 d5 2.e4 dxe4 3.f3) et fut le premier joueur à en publier une analyse dans la littérature échiquéenne. La popularité du Gambit Blackmar, cependant, fut éphémère : d'utilité douteuse pour les blancs, il permettait aux noirs d'égaliser facilement après 3.f3, par 3. ... e5! On ne voit presque plus le Gambit Blackmar lors des compétitions, que ce soit à un niveau amateur ou professionnel.

La forme évoluée, moderne, de ce gambit, doit beaucoup au grand maître Allemand Emil Joseph Diemer (1908-1990), qui rendit célèbre le coup intermédiaire 3. Cc3, qui remet au coup suivant l'idée d'offrir le pion f. La position obtenue après 3. ... Cf6 4.f3 constitue la ligne principale du gambit Blackmar-Diemer accepté; notons toutefois que les noirs ont d'autres choix possibles au troisième coup.

Après avoir passé de nombreuses années à analyser cette ouverture, Diemer écrivit un livre sur le sujet vers la fin des années 1950, intitulé Du premier coup au mat!, dont la plus grande partie est dévouée à l'analyse du Gambit Ryder, un double-sacrifice de pions : 4...exf3 5. Dxf3.

Les noirs peuvent facilement refuser le gambit au second coup par 2. ...e6 (transposant sur une défense française) ou 2. ...c6 (transposant sur une défense Caro-Kann), mais cela n'empêche pas les blancs de proposer des gambits alternatifs comme le gambit Alapin-Diemer ou le gambit Diemer-Duhm.

Comme dans la plupart des gambits, les blancs se proposent de réaliser un développement rapide couplé à un positionnement actif de leurs pièces, de manière à pouvoir construire rapidement une attaque, le tout au prix d'un pion. Notons au passage que le gambit Blackmar-Diemer est une des seules possibilités de gambit pour les blancs après 1.d4.

Rejetée par de nombreux maîtres d'une part, et accueillie avec enthousiasme par de nombreux amateurs, d'autre part, on observe le plus souvent que les noirs, s'ils jouent correctement, défendent facilement leur position, consolident l'avantage procuré par leur pion d'avance et s'octroient de bonnes fins de parties. C'est pour cette raison qu'on voit rarement cette ouverture au plus haut niveau, mais qu'elle reste assez populaire parmi les joueurs de clubs.

Dans cet exemple de Gambit Blackmar-Diemer, le grand maître Efim Bogoljubov bat Diemer en utilisant sa propre ouverture :

Bogoljubov - Diemer, Baden-Baden 1952 :

1. d4 d5 2. e4 dxe4 3. Cc3 Cf6 4. f3 exf3 5. Cxf3 g6 6. Fg5 Fg7 7. Dd2 O-O 8. Fc4 Cc6 9. O-O-O a6 10. d5 Ca5 11. Fe2 b5 12. a3 Fg4 13. Ce5 Fxe2 14. Dxe2 Dd6 15. Th-e1 b4 16. axb4 Dxb4 17. Cd3 Db6 18. Dxe7 Ta-b8 19. Ca4 Db5 20. Cc3 Db6 21. Ca4 Dd4 22. Cd-c5 Cxd5 23. Txd4 Cxe7 24. Td7 Cf5 25. Cxa6 Tb-e8 26. Txe8 Txe8 27. Cxc7 Te1+ 28. Td1 Txd1+ 29. Rxd1 Cc4 30. Cd5 Cxb2+ 31. Cxb2 Fxb2 32. Re2 Fe5 33. h3 h6 34. Ce7+ Rf8 35. Cxf5 hxg5 36. Ce3 Re7 37. Rd3 f5 1-0